Et si l’imprévu était une ressource ?

Lors d’une pause déjeuner, j’ai découvert l’histoire du Post-it.

À l’origine, un chercheur cherchait à créer une colle très puissante. Raté. La colle adhérait… mais pas assez. Pendant un moment, cette invention est restée sans véritable utilité. Jusqu’au jour où un collègue a eu l’idée de l’utiliser pour marquer les pages de son carnet de chant sans les abîmer. Le Post-it est né.

Puis, les exemples se sont enchaînés autour de la table.

La tarte Tatin, née d’une recette improvisée après des pommes un peu trop caramélisées.                                      La découverte de la vulcanisation du caoutchouc, lorsqu’un mélange de caoutchouc et de soufre est accidentellement chauffé, donnant naissance à un matériau beaucoup plus résistant.

Ces histoires ont toutes un point commun. Elles racontent comment un imprévu, peut devenir une opportunité.

Ce phénomène porte un nom : la sérendipité.

La sérendipité est souvent définie comme « l’art de faire une découverte heureuse par hasard ». Mais, selon moi, cette définition est un peu réductrice. Car le hasard, à lui seul, ne suffit pas. Ce qui fait la sérendipité, c’est notre capacité à voir le potentiel d’un événement inattendu.

Le mot a été inventé au XVIIIᵉ siècle par l’écrivain Horace Walpole, inspiré du conte Les Trois Princes de Serendip. Les héros y résolvent des énigmes grâce à leur sens de l’observation et à leur curiosité. Finalement, la sérendipité n’est pas tant une affaire de chance qu’une manière de regarder le monde.

En y repensant, c’est sans doute ce qui me plaît le plus dans ce concept. Il nous rappelle que tout ne se contrôle pas. Que certaines choses naissent justement lorsque l’on accepte de ne pas suivre le plan à la lettre.

C’est aussi ce que j’apprécie dans les démarches de facilitation. Quand un groupe travaille ensemble, on ne cherche pas uniquement à résoudre un problème. On crée un espace où les idées peuvent se rencontrer, se compléter, rebondir les unes sur les autres. Petit à petit, quelque chose de nouveau apparaît.

C’est ce que l’on appelle l’émergence.

La sérendipité et l’émergence partagent cette même logique : elles ne se produisent pas sur commande, mais trouvent leur place lorsque les conditions sont réunies.

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